Partager l'article ! COURTS-CIRCUITS ALIMENTAIRES...: Les politiques libérales, les multinationales de l'industrie chimique, et les citoyens qui laissent faire so ...
La violence institutionelle est immense, mais quand la crise latente se manifeste, par des famines, par une intoxication omniprésente des gens et de l'environnement, les institutions responsables en tirent prétexte pour accroître leur domination, et les citoyens qui les ont mises en place, pour s'y soumettre un peu plus.
Les institutions internationales se contentent de traiter les effets du libéralisme par l'augmentation des mesures libérales, et les multinationales de l'industrie chimique se frottent les mains et préparent leurs stratégies de conquète et de contrôle...
...et la droite comme la gauche pratiquent désormais les mêmes politiques néo-libérales, mais polarisent l'opinion public sur d'autres sujets, "accessoires".
La fin est dans les moyens. Il faut arrêter de consommer les promesses.
Les solutions ne viennent pas de ces sauveurs providentiels mais des gens eux-même.
Une "insurrection des consciences" est nécessaire comme dit Jean Ziegler.
Il est urgent de se réapproprier sa dignité en sortant de la dépendance à l'égard de la "machine de guerre économique".
"Si une aide d'urgence est nécessaire face à des situations dramatiques [...] des mesures structurelles sont primordiales au niveau international:
_en particulier la reconnaissance du droit à la souveraineté alimentaire
_la régulation des marchés agricoles
_l'annulation de la dette des pays pauvres
_l'arrêt de la production industrielle de carburants
_et une politique efficace en faveur des agricultures familiales."
texte de la Confédération paysanne
http://www.confederationpaysanne.fr/crise_alimentai_repondre_lurgence_surtout_cha_21.php&actualite_id=1282
(1-1) SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE
"La souveraineté alimentaire est présentée comme un droit international qui laisse la possibilité aux pays ou aux groupes de pays de mettre en
place les politiques agricoles les mieux adaptées à leurs populations sans qu'elles puissent avoir un impact négatif sur les populations d'autres pays. La souveraineté alimentaire est donc une rupture par rapport à
l'organisation actuelle des marchés agricoles mise en œuvre par l'OMC.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Souverainet%C3%A9_alimentaire
(1-2) SOUVERAINETÉ & AUTONOMIE ALIMENTAIRE: THOMAS SANKARA
Né en 1949, le capitaine Thomas Sankara est arrivé au pouvoir le 4 août 1983 (en Haute-Volta, qu'il rebaptise le Burkina Faso, le "pays des hommes intègres").
Il est assassiné par son bras droit Blaise Compaoré le 15 octobre 1987.
Sous sa présidence, en 4 ans, le Burkina devient alimentairement indépendant.
"Il est normal que celui qui vous donne à manger vous dicte ses volontés. Quand vous mangez les grains de mil, de maïs et de riz importés, c’est ça l’impérialisme, n’allez pas plus loin".
"Notre développement passe d’abord par la maîtrise de l’eau, puis la création d’une industrie agro-alimentaire capable d’absorber et de conserver les produits agricoles. A quelle vitesse? A la nôtre. Nous préférons de petites unités à mi-chemin entre l’industrie et l’artisanat. Nous préférons les "teufs-teufs" aux machines électroniques".
"Nous ne sommes pas opposés à l’entreprise privée qui ne porte pas atteinte à notre honneur, notre dignité, notre
souveraineté."
source: http://www.cadtm.org/spip.php?article2866
Alors que l'agriculture intensive détruit le capital bologique des sols et contraint à concentrer les exploitations, et à les rendre dépendantes des industries chimiques et des aides, des agriculteurs remettent en cause cette culture productiviste... contre-productive:
(2) UN EX-AGRICULTEUR PRODUCTIVISTE
RECONVERTI AU DURABLE
"Hubert Coupart a 50 ans. Il travaille avec sa femme Maryvonne sur leur ferme en élevage laitier intensif depuis plus de vingt ans, investissant régulièrement pour
mécaniser leur exploitation et augmenter sa production. "
"C’est l’année 1999 qui marque le grand tournant pour les Coupart. Grosses pertes et chiffres d’affaires en baisse, seront à la base d’une énorme remise en question du système dans lequel ils sont depuis près de 25 ans."
"Lui qui a pendant 25 ans tout fait pour produire plus, se rend compte au travers de ses simulations, que travailler moins, dépenser moins, produire moins et mieux, lui permet de maintenir un revenu équivalent tout en réduisant les nuisances sur l’environnement et en gagnant en autonomie [...] puisque moins dépendants des « marchands », car l’essentiel de l’alimentation de ses vaches est maintenant produite sur sa ferme."
"bientôt, il peut se libérer du temps pour lui, profiter davantage de sa famille tandis que sa femme trouve un travail à mi-temps à l’extérieur. Ils envisagent même de prendre des vacances !"
"Son revenu, [...] non content de s’être maintenu, a même progressé !"
"Il gagne aujourd’hui sa vie grâce au revenu de son travail et non des subventions. On touche
là un point essentiel de la dignité paysanne qui est de gagner sa vie par le fruit de son travail et non grâce à une rente."
Copyright CHEMIN FAISANT 2005 Tous droits réservés
source: http://www.cheminfaisant2005.net/Rencontres/Producteurs/Producteur.php?Prod_Id=13
http://www.onpeutlefaire.com/portrait-d-un-agriculteur-productiviste-reconverti
(3) L’AGRICULTURE BIOLOGIQUE PEUT NOURRIR LA PLANÈTE
"Il est vrai que les agriculteurs qui se dirigent vers une production biologique ont souvent un rendement moins élevé les premières années" mais "la faible
différence aujourd’hui entre le rendement de l’agriculture biologique et celui de l’agriculture conventionnelle ne serait pas un problème si les excédents alimentaires étaient
redistribués."
source: http://www.delaplanete.org/IMG/pdf/bio.pdf
D'après Jacques Caplat*, "les rendements de l’agriculture chimique occidentale sont un leurre" puisque ce type de production épuise le capital des sols: "Pour
l’instant, les engrais et pesticides permettent [...] de faire illusion. Mais [...] déjà, le point d’équilibre est presque atteint. Quand il sera dépassé, tout le monde prendra conscience
que l’agriculture chimique ne peut pas nourrir le monde! De leur côté, les rendements de la bio ne cessent de s’améliorer, grâce aux recherches techniques menées par les paysans eux-mêmes."
*Chargé de mission à la FNAB (Fédération Nationale d’Agriculture
Biologique des régions de France)
L’agriculture biologique permet d’améliorer les approvisionnements alimentaires des zones urbaines, grâce aux jardins maraîchers biologiques aménagés en milieu urbain.
En ce qui concerne la sécurité
alimentaire, il a été souligné que l’agriculture biologique permettait d'améliorer les apports en
nutriments des ménages[...], d’atténuer la famine pendant les urgences alimentaires, [...],d’établir des systèmes alimentaires autonomes, en
particulier à l’échelle des ménages.
En ce qui concerne la lutte contre la pauvreté, il a été souligné que l’agriculture biologique permettait des débouchés dans le domaine de l’emploi [...], de contribuer aux moyens d’existence durables en zone rurale[...], de contribuer à l’amélioration du bien-être social, grâce à des salaires équitables et un travail non axé sur l’exploitation du travailleur.
RAPPORT de la CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR L’AGRICULTURE BIOLOGIQUE ET LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE de la FAO/ 2007-06-30
(4-1) AGRICULTURE FAMILIALE
"Les agriculteurs familiaux de l’Amérique latine tropicale réussissent à produire 20 à 60% plus de manioc, maïs et haricots par hectare que la monoculture de
l’agriculture industrielle. Ils créent aussi davantage d’emplois, répartissent mieux les revenus et sont écologiquement plus durables."
http://www.oxfamsol.be/fr/article.php3?id_article=1186
Dans cette même logique, des mouvements se développent à travers le monde, pour sauver le patrimoine
semencier de l'humanité. Là où "l'arche de Noé végétal" en Norvège, concentre et "muséifie" la biodiversité des semences, d'autres considèrent que c'est en distribuant et en cultivant ce
patrimoine qu'il peut non seulement être sauvé, mais s'enrichir.
(4-2) VANDANA SHIVA,
activiste de l'environnement, physicienne et auteur, est une figure importante de ce mouvement. Avec
son ONG, Navdanya, basée en Inde, elle promeut la conservation de la biodiversité, l'agriculture biologique, les droits des paysans, et les processus de préservation des semences.
http://www.navdanya.org/
http://www.dailymotion.com/relevance/search/Vandana_Shiva/video/x179yz_vandana-shiva-vs-ogm_politics
De nouveaux circuits rendent accessibles cette alimentation aux citadins, en dehors de tout circuit industriel.
(5) LES "AMAP" (Associations pour le Maintien d’une Agriculture
Paysanne)
Les AMAP* sont des partenariats de proximité entre un groupe de consommateurs et une ferme à proximité de la ville, ce qui minimise les transports et l’usage
d’emballage. Moyennant une souscription payée à l'avance, le consommateur à accès chaque semaine à un panier produits fermiers et en particulier à des légumes frais et sains, de saison,
diversifiés (notamment avec remise au goût du jour des variétés anciennes et de terroir), cultivés sans produits chimiques de synthèse, et disponibles à mesure qu’ils mûrissent.
Les AMAP créent du lien social, participent à l'éducation du goût et à la préservation de l'environnement, elles créent une économie locale, sociale et solidaire.
(6-1) MANICHÉE OU LA PACHAMAMA
La ville, dans notre culture manichéenne, dualiste, contemporaine est "noble", et la campagne inconsciemment considérée comme "vulgaire"
(vulgus=peuple).
Cette représentation inspire la honte d'appartenir à la terre, d'être un "bouseux"; idéologie manichéenne selon laquelle l'esprit/ tête/ capitale est pur, et le matériel/ corps/ terre est sale.
Le fantasme est de devenir pur esprit/ pure énergie/ pure information, de parvenir à l'illumination urbaine et de se détacher de son corps de terre, la campagne.
Selon cette vision, il faut oublier ses origines de "bouseux", dans un délicat travail d'amnésie collective, pour accéder aux raffinements d'une société qui croit que les poissons sont rectangulaires comme les poissons surgelés, et que les marmottes emballent les tablettes de chocolat. La population, dans la "transe urbaine" d'appartenir "à la haute", n'aspire plus qu'à se détacher de son corps de boue, à détacher son esprit pur de son corps honteux, et dans un effort désespéré pour accéder à l'illumination du "Développement" se dé-capite la tête du corps...
A l'inverse, dans la culture indienne d'amérique la "Pachamama"est la terre-mère, la matrice.
Dans cette cosmogonie comme en Europe au Moyen-âge (jusqu'aux mouvement d' "enclosure" né en Gande-Bretagne) on ne possède pas la terre, on appartient à la terre.
La terre ne peut pas être l'objet d'une marchandisation et d'une propriété juridique (droit romain).
L'appartenance à la terre-matrice est la source de la dignité, et de la responsabilité: "Ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre". Se couper de la terre c'est perdre son âme.
La réalité nous rappelle par l'actualité qu'on vit avec un corps, de terre et de campagnes, qu'on boit de l'eau, qu'on circule avec une source d'énergie, qu'on s'habille avec du tissu, que tout ça vient de quelque part au-delà des vitrines et qu'on ne peut pas s'en passer.
(6-2) MUHAMMAD YUNUS ET L'EXODE URBAIN
Le concept de microcrédit lui a valu le prix Nobel de la paix. Chose particulièrement intéressante dans sa démarche, sa banque, (Grameen banque) n'accorde de microcrédits qu'en zone rurale. C'est une mesure incitative pour rééquilibrer le corps social et inverser le mouvement d'exode rural, et l'entassement dans les bidonvilles, source de paupérisation. Selon Muhamad Yunus, le retour en zone rurale est une condition de l'épanouissement humain, social et économique d'un pays.
En zone péri-urbaine ou à la campagne, de plus en plus nombreux sont ceux qui s'intéressent à la "micro-agriculture biointensive" pour une production alimentaire soutenable et autonomisante:
(7) "MICRO-AGRCULTURE BIOINTENSIVE"
"La micro-agriculture biointensive est un système agricole visant à produire une alimentation complète sur une petite surface tout en enrichissant en humus le sol
cultivé. Le but de cette méthode est une production alimentaire soutenable, basée sur un système auto-fertile et autonome en semences.
Avantages:
Elle permet une autonomie alimentaire durable [...] sur une petite surface (440 m² en moyenne pour une autonomie alimentaire totale en régime végétalien et pour une saison de croissance de 6 mois)
Elle enrichit le sol en humus et y permet le développement des êtres vivants associés (champignons, bactéries, vers de terre
etc.)
Elle fixe une grande quantité de carbone atmosphérique par unité de surface sous forme d’humus.
Elle ne nécessite aucun outillage onéreux ou énergivore
etc..."
http://www.decroissance.info/La-micro-agriculture-biointensive
Il existe des expriences d'autonomisation alimentaire, y compris pour les villes:
(8) N55
Le studio N55 qui "travaille avec l'art comme partie de la vie de tous les jours", est un bon exemple d'expériences d'autonomisation de toutes sortes. Dans le
domaine alimentaire, ils ont développés, une "unité hydroponique d'intérieur" ainsi que des "modules-usine d'agriculture urbaine." Associé au "lombricomposteur", ce type de solutioN est
particulièrement intéressant pour ré-introduire des cycles naturels, au service de l'autoomisation des gens, en milieu urbain.
http://www.n55.dk/
(9) AQUAPONIQUE
L'aquaponique (ou aquaponie) est la combinaison de l’hydroponique et de la pisciculture.
C'est la création d'un écosystème simple et complet où les poissons (comestibles) fournissent les nutiments aux légumes, qui à leur tour filtrent l'eau des poissons.
Ça évite toute utilisation de produits chimiques dans le processus de croissance des plantes et réduit considérablement la consommation d'eau.
On objectera qu'en ville on n'a pas le temps de s'occuper d'un potager, et qu'on est bien content de déléguer ça à ceux qui aiment ça...
... bien sûr il faut y trouver du plaisir...
mais si c'est le cas, et que les solutions d'autonomisation et un peu de "décroissance" permettent d'envisager des mi-temps, des 4/5°, pourquoi s'en priver?
(10) CONSOMMER LOCAL bien sûr...
(11) la suite est à inventer...