Partager l'article ! ESPACE COMMUNAUTAIRE: LA GOMERA: "Que ferai-je avec la peur? Le temps ne s'arrête pas. Les espaces-temps sont à nous. Sors dans la rue pren ...
"Que ferai-je avec la peur? Le temps ne s'arrête pas.
Les espaces-temps sont à nous. Sors dans la rue prendre ce qui est à toi. Il est l'heure."
texte inscrit sur un panneau dans un coin de la cour de La Gomera. (traduction AC!)
En France on dirait qu'il s'agit d'un "squat politique", mais ils ne veulent pas être appelés des "squateurs". Ils ne ressemblent pas non plus à des hippies. Juan, qui m'ouvre la porte n'a pas non plus l'air d'un anarchiste: il n'a ni l'air agressif,ni vêtements noir, ni têtes de morts.
"La Gomera est un "espace communautaire" du quartier Barracas de Buenos Aires: on y expérimente l'auto-gestion et la solidarité depuis maintenant 5 ans.
"Tout le monde a plus ou moins la même vision. On a pas un plan. On discute les choses en les faisant. [...] On
part de l'autogestion, de l'autonomie, [...] on ne sait pas si c'est le modèle universel à appliquer, mais c'est ce qu'on fait pour l'instant et qu'on concrétise.
L'idée est d'arrêter de dépendre un peu du marché et des structures en place.
On construit les nôtres."
Il accueille un cinéma communautaire de quartier qui propose des films pour enfants, des soirées jazz, blues ou rock, des cycles thématiques. En ce moment une rétrospective est consacré à Jean Cocteau, et ce soir passe Paranoïd Park de Gus Van Sant, Le cinéma est en partie financé par les commerçants du quartiers qui soutiennent la démarche, pour le reste, la contribution est libre.
Une part importante de l'activité de la Gomera est l'édition de livres. Il y a une imprimerie. Seules les couvertures sont faites à l'extérieur, quand ils ne les font pas eux-même en sérigraphie. Ils publient des livres qui leur ont plu: on trouve parmi leurs livres un recueil de poèmes, des nouvelles de Cortazar, des petits contes pour enfants ou un livre sur l'auto-gestion...
Un studio d'édition vidéo remplace la radio communautaire qui a été déménagée dans un autre espace communautaire: "la ronca".
Dans un coin de la cour, une porte donne sur un atelier de menuiserie.
La bibliothèque communautaire se trouve quelques rues plus loin. A l'entrée, sur un présentoir, on peut apercevoir "une société sans école" de Ivan Illich, ou un ouvrage sur le mouvement zapatiste,On y retrouve bien sûr les livres édités par la Gomera, et outre les rubriques classiques d'une bibliothèque, une section est consacrée à l' éducation populaire.
"Notre lutte est bonne, mais notre échec est meilleur,
rien de ce qu'on a fait ne se perd, et toujours, quelque part,
recommence le combat."
(écrit sur le mur extérieur de "la gomera".)