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courts-circuits

Mardi 6 mai 2008 2 06 /05 /Mai /2008 00:54

Le projet "ojala!" de l'association consiste à envoyer son envoyé spécial errer en amérique latine à la découverte des "courts-circuits" de là-bas. Confronté depuis de longues décennies à la violence de l'idéologie du Développement, l'amérique latine a porté dans la douleur de nombreuses ré-appropriations: entreprises récupérées en argentine, mouvement des sans-terres au brésil, zapatisme au mexique, lutte des peuples originaires pour leur survie et celle de leur culture, communautés de paix en colombie, et la multitude des humbles ré-appropriations anonymes, mille autres mondes possibles. Ce continent porte aujourd'hui en lui les germes pour re-construire un monde humain, solidaire, chaleureux... et à l'association "courts-circuits" on trouve que ça inspire, que ça donne la foi et l'espérance.

La rubrique "ojala!" raconte le voyage du gus errant de l'association. Les courts-circuits croisés en chemin sont à découvrir dans la rubrique "fil conducteur".


Moi, moi, moi. A la demande d'une cousine en colère, j'ajoute un article sur moi, mon égo, et ma petite personne plongés dans l' "expérience humaine" du voyage.



Le congrès de l'ANTA m'avait conduit à La Falda, bourgade touristique sans charme, au milieu d'un paysage magnifique. J'aurais voulu randonner par les montagnes en direction de Cosquin, un village voisin, mais les vaches ayant mal fait leur travail, je n'ai trouvé aucun sentier. Il m'a fallu revenir sur mes pas vers La Falda où j'ai pris le chemin de Cosquin, pour rejoindre ensuite Cordoba. La nuit passée à camper dans les hauteurs était malgré tout agréable, et le réveil rafraîchissant: un fermier à cheval, bourru comme il faut, est venu me demander ce que je faisais là. Il est reparti, comme il est arrivé, traversant en quelques minutes la montagne que j'avais mis la journée de la veille à parcourir.


Au village de cosquin, un ancien m'a spontanément proposé de me conduire en moto jusqu'à une bonne auberge de sa connaissance, un peu plus éloignée, si je ne trouvais pas de place disponible dans le quartier. Il y avait de la place. L'auberge était miteuse, sale, et le maître des lieux et sa fille plutôt gentils mais inquiétants.


Cette fois j'ai pris le bus jusqu'à cordoba. Armé de mon petit plan de l'office du tourisme, j'ai continué à marcher. Chercher une auberge est une bonne occasion d'arpenter la ville un peu au hasard mais là, les heures de marche des jours précédents commençaient franchement à se faire sentir, un peu partout.


Dans les auberges on rencontre un peu tout le monde un scientifique avec son contrôle mental, un journaliste amoureux de la cuisine, une Barbie et son Ken, une grand' mère en vacances, un peintre-graphiste, un jeune cuistot qui fête ses 19 ans loin de sa famille, un américain linguiste qui fuit l'inculture de son pays, une vétérinaire qui cherche un appartement pour ses chiennes, une équipe d'avocats footballeurs...etc


A cordoba j'espèrais découvrir un "squat politique" mais après une recherche plus approfondie, il s'avère qu'ils ne sont pas à Cordoba même, mais dans la province. Pas grave, j'irai rencontrer directement ceux de Buenos Aires. En attendant la ville de Cordoba me plait beaucoup. C'est une mosaïque de petites façades baroques anciennes, peintes, et de petits commerces. Ça construit de partout mais on voit encore des "cartoneros" circuler dans la ville en cariole pour collecter leurs cartons.


L'auberge est agréable et intimiste. Je visite la ville avec Brandon le linguiste américain. Une excursion dans les montagnes environnantes se transforme en une journée à manger du gulash et à boire des bières en parlant de l'état du monde, dans un affreux village touristique en carton-pâte.


En argentine, le moyen de transport est le bus, de nuit pour les grandes distances, avec une bonne cinquantaine d'entreprises possibles pour un voyage entre deux villes importantes.


5 mai, je suis de retour à Buenos Aires pour rencontrer mes "squatteurs" et peut-être voir les "asentamientos" de la périphérie où des gens occupent des terrains pour les cultiver et y construire leur maison. Cette fois-ci l'hostel est un peu trop industriel, et surtout trop plein de touristes anglophones: on n'entend plus parler espagnol, on ne voit plus circuler le "maté" de main en main...


Le maté est la boisson nationale: c'est une sorte d'infusion. On met l'herbe dans l'espèce de tasse, on verse l'eau chaude avec l'inévitable thermos, puis on aspire le liquide infusé avec une sorte de paille, la "bombilla", qui filtre l'herbe. C'est avant tout une boisson sociale: un maté ça se partage, c'est un rituel, ça se discute, amer ou sucré, avec ou sans "palo", ça s'échange. Pas de pudeur hygiéniste, tout le monde boit à la même paille.

Par un gus - Publié dans : OJALA!
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